Quelques mots 
sur ma pratique
D'artiste

Extraits d'un texte Ecrit par Marion Zilio

 " [Dans son travail, Eva Dmitrenko] s’entoure de ses proches, famille ou ami·e·s. Son père, petit-fils d’immigrés, son frère, gynécologue obstétricien, et son conjoint, conseiller funéraire, ont définitivement influencé son travail. Colette, aussi, qui fut thanatopractrice et dont le témoignage relate les soins de conservation apportés aux corps. [...]Tout à la fois techniques et sensibles, leurs échanges complètent et alimentent l’édifice d’une généalogie qui déborde le registre familial.

De sorte que le périssable, l’éphémère ou la putréfaction demeurent des instants de vie voués à se réincarner. Ce n’est donc pas la disparition ou la mort, mais la continuité de la vie sous d’autres formes qui s’affirment dans ses pièces. 

La nourriture, les bonbons, les gâteaux et, de façon plus générale la cuisine, organisent une sémiotique autour des matrices : femme au foyer, ou utérus qui perpétue les cycles du vivant. Ainsi, un poivron écorché ou un artichaut dépilé puis figé dans la céramique, ravivent-ils les oppressions et les partitions genrées. 

Dramaturge, Eva Dmitrenko exploite l’art de la mise en scène et de ce qui se situe hors scène. Ob-scène. La mort, le sexe, le sang, les stigmates, celles du Christ mais aussi celles qui forment le gynécée d’une fleur, sont des liants, si ce n’est des liens. [...] "